Accompagner les leaders autrement : la thérapie par l’ANDC® plutôt que le coaching
Je me fais souvent poser la question pourquoi j’ai décidé de bifurquer vers la thérapie en relation d’aide alors que j’étais déjà coach certifiée. Je prends quelques instants pour l’expliquer ici. Mais avant, il faut que je vous dise que mon intuition avait décidé pour moi, avant même que je ne le conscientise et que je structure mon projet. Je m’explique.
Mon collègue Valentin, qui travaillait avec moi à la Banque Nationale, m’a partagé un jour une idée à peu près comme suit : « Ma compagne suit présentement une formation au CRAM (Centre de relation d’aide de Montréal). Il me semble que je te verrais bien là, toi aussi, car je sens que ça correspond à ta vision de l’humain. »
Après une courte visite sur le site du CRAM, je me suis inscrite… sans plus de réflexion. Et j’étais partie pour trois années de formation afin de devenir TRA, thérapeute en relation d’aide par l’ANDC® !
J’aime accompagner l’autre. Je résonne à la présence d’un autre être humain. Quand je me dépose dans le lien qui m’unit à la personne aidée, je ressens la vitalité qui m’habite et qui se nourrit de la simple présence à l’autre. Je me sens bien.
Les leaders qui vivent ces moments avec moi apprennent, petit à petit, à se déposer, à ressentir et à nommer leur vécu. Ces moments précieux, où j’écoute et accueille avec cœur et esprit l’expression de leurs sentiments, parfois inavouables, me ramènent à ma propre humanité, pleine d’imperfections. En étant thérapeute en relation d’aide, j’apprends, en même temps que mes clients, à accueillir mes émotions, mes pensées, mes fonctionnements et à les accepter.
La démarche pour devenir thérapeute en relation d’aide est une démarche profondément personnelle, où le thérapeute fait partie de l’équation. Dans cette relation affective de type professionnel, non directive, je me sens libre de nommer ce que je vois de l’autre sans jugement, mais sans ménagement non plus. C’est une forme de relation empreinte de douceur et de liberté.
Avant, dans mon rôle de coach en entreprise, j’ai accompagné plusieurs leaders de tous les échelons, y compris des exécutifs. J’ai observé une propension à amener des problèmes, des observations et des analyses qui portaient le plus souvent sur les autres, l’extérieur ou les circonstances. Des partages très rationnels, qui devaient donner des résultats tangibles… vite.
Je pouvais deviner leur sentiment d’impuissance, de désarroi et de frustration, qui accompagne généralement le fait d’être spectateur de circonstances extérieures non souhaitées. Je remarquais aussi de grands silences lorsque je tentais de retourner le miroir vers eux : Qu’est-ce que cette situation te fait vivre, toi ? Cette difficulté à partager ce qui se passait à l’intérieur d’eux-mêmes était palpable.
À la question : En quoi participes-tu à cette situation ? j’observais souvent, encore une fois, des silences, suivis de réponses un peu à l’écart de la question. Ces situations m’amenaient dans un sentiment d’échec, car j’avais secrètement un projet sur eux : leur faire prendre conscience de leur propre rôle dans l’histoire, ainsi que des impacts que cela avait sur eux et sur les autres.
Après la séance, j’avais le sentiment d’être passée à côté de l’essentiel. J’étais plutôt vidée de mon énergie, souvent déçue de moi, car je n’avais pas « réussi » à susciter une prise de conscience et à faire émerger les émotions, éléments essentiels pour « que ça bouge ».
Il est arrivé que des leaders découvrent ce qui les habitait plus profondément, offrant des ancrages précieux pour évoluer et apporter des changements. Ces moments, souvent de courte durée, étaient toutefois rapidement enchaînés par une recherche de solutions et d’actions concrètes pour… amener des résultats… rapidement. Et là, j’étais « contente » de moi.
En fin de compte, j’étais prise dans la même dynamique de performance que mes coachés. Le processus de coaching lui-même m’amenait dans une direction que je ne souhaitais plus pour moi : la performativité.
Aussi, depuis que j’ai quitté mon employeur, je me questionne de plus en plus sur le système actuel, qui génère de nombreuses problématiques de santé physique, mentale et relationnelle. Et je m’interroge sur le rôle du coaching en entreprise dans cette réalité.
Je me pose la question : le coaching serait-il partie du problème ou de la solution ? Participerait-il, à sa manière, à nourrir ce système en renforçant la culture du surinvestissement, du toujours plus et de l’atteinte de résultats à court terme, parfois au détriment de l’humain ? Ou serait-il plutôt bénéfique, contribuant à adoucir les contours d’un système exigeant et à soutenir véritablement les leaders dans leurs choix conscients ?
La réponse à cette question est entre vos mains. Elle n’est certainement ni toute noire ni toute blanche. Je connais plusieurs coachs qui favorisent l’exploration en profondeur de l’intériorité de la personne coachée, dans toutes ses dimensions, incluant les émotions et l’intuition. Ils sont bienveillants et s’assurent que les objectifs poursuivis sont au bénéfice du coaché.
Il existe aussi des organisations, des patrons bienveillants et des cultures d’entreprise saines. Je reconnais que plusieurs leaders coachés en organisation retirent des bénéfices réels. Et en même temps, les coachs sont payés par l’organisation, à des tarifs souvent imposants. En continuant à pratiquer le coaching, j’avais le sentiment de rester dans ce système qui, moi, m’avait parfois rendue malade, souvent stressée et insatisfaite.
En résumé, je me sens mieux dans la thérapie que dans le coaching, car elle correspond davantage à mes aspirations et à mes convictions. Je me suis aussi dit que je ne voulais pas tenter de convaincre quiconque que l’ANDC® est ce qu’il « faut » aux leaders, ni que c’est « mieux » que le coaching. Je souhaite simplement que celles et ceux qui se sentent appelés par cette approche, et par le désir de prendre un temps de recul pour explorer leur vie intérieure avec intention, sachent que cette approche existe et qu’ils peuvent faire appel à moi.
Pour en connaître davantage sur l’approche et sur moi, je vous invite à explorer mon site web et à m’écrire pour que nous en discutions.
Chaleureusement,
Isabelle